Les matériaux de restaurations utilisés par les dentistes: les ciments conventionnels

Ces matériaux sont le résultat d’un mélange entre le liquide des ciments polycarboxylates (acide polycarboxylique) et la poudre des ciments silicates (verre d’aluminosilicate).

Mis au point par Wilson et Kent en 1972, ils présentent quelques caractéristiques intéressantes :

  • Activités cariostatique et bactériostatique
  • Adhésion chimique aux tissus durs
  • Résistance mécanique supérieure à celle des autres ciments
  • Compatibilité du coefficient d’expansion thermique avec celui des tissus durs
  • Compatibilité chimique avec un substrat humide.

Les procédures cliniques pour les ciments au verre ionomère sont très pointues car leur temps de prise est relativement long et ils nécessitent une hydratation stable jusqu’au durcissement complet.

Les tests in vitro et cliniques ont établi avec certitude les effets bénéfiques de la libération de fluor par les ciments au verre ionomère.

Ciments au verre ionomère et compomers photopolymérisables

Bien qu’aucune classification ni terminologie de ce nouveau groupe de matériaux ne soient encore reconnues, leur utilisation est de plus en plus répandue. Ils ont été mis au point pour combiner les avantages des ciments au verre ionomère et des résines composites.

La matrice est semblable à celle des ciments conventionnels, renforcée par des monomères photopolymérisables, ou essentiellement résineuse avec une composante ionique. Les charges sont essentiellement des verres d’aluminosilicates identiques à ceux des ciments au verre ionomère conventionnels.

La réaction acide-base, caractéristique des ciments au verre ionomère conventionnels et qui se produit au cours de la prise en présence d’eau, varie énormément d’un produit à l’autre, d’où les difficultés rencontrées pour établir une classification de ces matériaux.

Il faut bien admettre que les soi-disant «compomers» (telle Dyract, De Trey-Dentsply; le Compoglass, Vivadent) sont très semblables aux composites dans leur structure et leur mécanisme principal de prise.

Ils en diffèrent principalement parce qu’ils contiennent des charges de type verre ionomère.

Les avantages de cette nouvelle catégorie de matériaux ionomères sont :

  • Une manipulation facilitée grâce à un long temps de travail et une prise rapide (par activation lumineuse)
  • Une bonne résistance à la contamination hydrique précoce et à la déshydratation
  • Une résistance initiale plus forte et de meilleures propriétés mécaniques (comparées aux verres ionomères traditionnels)
  • Une adhésion aux tissus durs (avec les agents de conditionnement et les apprêts)
  • Une libération de fluor.

Une adhésion dentinaire insuffisante a été observée avec la première génération de ces produits (sans solution de conditionnement ni adhésif) qui doit certainement être associée, d’une part à une force d’adhésion insuffisante aux tissus durs, et d’autre part à la contrainte de polymérisation du matériau lui-même ou du composite sus-jacent.

Pour ces deux raisons, c’est-à-dire une médiocre adhésion à la dentine et un contenu résineux important, il a été conseillé d’appliquer un adhésif de nouvelle génération (agent de collage dentinaire) ayant les bases intermédiaires-fonds de cavité en ciments au verre ionomère photopolymérisables.

Avec les compomères, l’application d’un adhésif spécial ou même d’un agent de collage dentinaire pour composite se montre très efficace (« Dyract» et «Compoglass» : information fournie par le fabricant).

Bien que les compomères aient été développés au départ comme alternative aux matériaux traditionnels pour les restaurations de classe V et pour les classes I et Il en pédodontie, ils peuvent égaIement être utilisés comme bases intermédiaires et fonds de cavité.

L’utilisation des bases intermédiaires en verre ionomère comme obturation provisoire, permettant de différer les étapes finales de la restauration, est une option thérapeutique intéressante.