La restauration dentaire esthétique (inlays et autres): d’où viennent les obturations, etc.

L’intérêt porté à l’esthétique des restaurations intracoronaires n’est pas une nouveauté. En 1856 déjà, des inlays en céramique préfabriqués sont scellés avec des feuilles d’or.

En 1882, Herbst, en Allemagne, met au point les inlays en céramique cuite, technique présentée pour la première fois dans la littérature dentaire par Bruce en 1891.

La fabrication des inlays en céramique cuite sur une feuille de platine a été développée quelques années plus tard par Land, en 1888.

Il est intéressant de noter que les inlays en céramique sont apparus en dentisterie avant les amalgames (1895).

Mais, l’absence d’un matériau de scellement satisfaisant fut un sérieux obstacle au succès clinique de ces techniques jusqu’à ce que récemment, les résines adhésives et le mordançage de la céramique permettent l’adhérence efficace des restaurations à la dent.

Le réel développement des matériaux esthétiques directs a commencé avec les ciments silicates, présentés par Fletcher en 1871. En 1937, les résines non chargées firent leur apparition, utilisées pour les obturations esthétiques depuis 1945.

Les événements les plus marquants dans ce domaine ont été, sans aucun doute, le développement de la molécule d’époxy par le chimiste suisse Castan en 1938 et le conditionnement acide des tissus dentaires par Hagger, autre chimiste suisse, en 1951.

Des publications ont très rapidement démontré l’intérêt que présentaient ces molécules pour coller les matériaux de restauration aux tissus dentaires et en même temps, ont donné la première description de ce que l’on appelle maintenant la « couche hybride».

Ces travaux fondamentaux ont servi de bases aux développements du mordançage de l’émail par Buonocore en 1955 et du matériau résine composite avec la formule de Bowen BIS-GMA. L’ensemble de ces développements ont marqué le début de la dentisterie adhésive moderne.

Jusqu’à ces dernières années, les matériaux et techniques esthétiques de restauration des dents postérieures ne pouvaient rivaliser avec les amalgames et les obturations en or en raison de leurs défauts biologiques et physico-chimiques.

La durée des restaurations esthétiques était limitée par la dégradation de leurs bords, leur usure et l’échec mécanique. Les récidives de caries, l’agression pulpaire et la perte de la fonction étaient par conséquent souvent observées en clinique.

Heureusement, les progrès récents apportés à leurs propriétés physico-chimiques et le développement de techniques nouvelles et variées ont rendu possible l’utilisation de ces matériaux pour la restauration des dents postérieures avec une longévité prévisible et satisfaisante.

Malgré le nombre croissant de matériaux et techniques esthétiques, le système idéal pouvant s’appliquer à toutes les indications n’existe pas encore et n’existera pas dans un proche avenir.

La connaissance des matériaux et des procédures cliniques qui leur sont associées est essentielle à la sélection du système de restauration approprié à chaque cas clinique.

Il n’est plus acceptable de réaliser des restaurations en céramique pour des cavités simples ou peu étendues, pas plus que d’envisager des réhabilitations d’arcades complètes avec des obturations en composite par technique directe. Le bien-être du patient est la priorité. Cette philosophie sous-tend la recherche d’une alliance toujours meilleure de la qualité, de la longévité et du coût.