Restaurations dentaires adhésives: les matériaux utilisés par les dentistes

Les défis que posent la restauration des dents postérieures ne peuvent être relevés que s’il est fait appel à différents matériaux.

Ceux-ci peuvent être classés selon leurs structures physico-chimiques (céramiques dentaires, ciments résineux et résines composites) ou d’une façon plus commode, selon leurs fonctions (adhésifs, bases-fonds de cavité, matériaux de collage et d’obturation).

Adhésifs

Tous les systèmes de restauration esthétique sont basés sur le collage. Le collage à l’émail par l’intermédiaire de techniques de mordançage acide a largement démontré son efficacité, alors que les techniques d’adhésion à la dentine font l’objet de recherches continues.

La composition des derniers systèmes adhésifs dentinaires est basée sur l’utilisation de monomères hydrophiles contenus dans l’apprêt et la résine de collage dont l’application est précédée généralement du mordançage de la dentine.

La logique de ces systèmes adhésifs est d’imprégner totalement la dentine déminéralisée ou la couche de boue dentinaire avec une résine jusqu’à la dentine sous-jacente intacte.

La formation de la « couche hybride » ou « couche d’interdiffusion » faite de résine et de tissus dentinaires intimement liés (essentiellement aux fibres de collagène) améliore grandement in vitro la résistance du collage dentinaire comparée à celui obtenu avec les anciens adhésifs.

L’hybridation concerne certainement autant la dentine intertubulaire que péritubulaire, mais l’influence des «tags» de résine sur l’adhésion dentinaire reste encore sujet de controverses.

Le processus d’hybridation dépend probablement aussi de la profondeur de la cavité dans la dentine (qui influence à son tour la surface occupée par les tubuli).

L’efficacité du collage dentinaire varie encore selon la qualité de la dentine (saine ou cariée, jeune ou sclérotique) et sa situation (cervicale ou coronaire, superficielle ou profonde). Des recherches ont également souligné les effets du conditionnement de la dentine par l’acide pour améliorer la pénétration par des résines adhésives dans la trame de collagènes sans la dénaturer, ni la fragiliser.

Un autre axe de recherches s’oriente vers la réduction du nombre d’étapes cliniques nécessaires au collage dentinaire, et a donné naissance à de nouveaux produits «deux en un», comme les apprêts auto-mordançants ou les résines de conditionnement-collage.

Sans évidence clinique de l’efficacité du collage dentinaire et, bien sûr, de sa pérennité, les indications des restaurations collées dans des cavités dépassant la jonction amélo-dentinaire doivent rester prudentes.

Même avec les meilleurs adhésifs dentaires modernes, l’influence de la technique de préparation et l’habileté clinique restent de première importance pour obtenir une adaptation et un collage satisfaisants, et ce jusqu’à l’apparition de matériaux sans contraction de polymérisation.

Bases-fonds de cavité

Les différentes fonctions traditionnelles de ces matériaux sont nombreuses: protection biologique des parois profondes des préparations par un « fond de cavité partiel », isolation de la dentine contre les agressions chimiques et thermiques par un « fond de cavité complet » et remplacement de la dentine par une « base » avant de procéder à la restauration.

Avec l’apparition de meilleurs adhésifs, l’utilisation et l’indication des produits pour fonds de cavité ont nettement diminué.

Aujourd’hui, un fond de cavité sous une restauration adhésive a pour but essentiel d’assurer la protection de la pulpe. Le «fond de cavité partiel» est le plus souvent un ciment Ca(OH)2 à l’hydroxyde de calcium.

Les adhésifs modernes semblent assurer le rôle du « fond de cavité complet » des anciens vernis et ciments et permettent même l’obtention d’une adaptation et d’un joint meilleurs.

La protection biologique qu’assure un fond de cavité au cours des procédures cliniques ultérieures, surtout dans les techniques semi-directes et indirectes, est certainement un atout, mais seulement s’il est fait d’un matériau qui adhère vraiment à la dentine.

Maintenant, les bases sont utilisées essentiellement pour réduire le volume des matériaux d’obturation ou obtenir une géométrie adéquate des préparations pour inlays-onlays.

Cependant, en raison de l’évolution des nouveaux adhésifs et bases, il conviendrait de redéfinir le réel besoin et le choix judicieux du matériau (ciments au verre ionomère conventionnels ou photopolymérisables, compomers) à utiliser comme base sous les obturations directes.

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